Marquise la suite

On nous avait pas mal vanté Tahuata pour ses belles plages et ses eaux claires, plus claires qu’en moyenne aux Marquises. Nous n’avons pas été déçus. L’autre raison qui nous motivait pour rejoindre cette île à une quarantaine de milles de Fatu Hiva, c’était qu’on avait de fortes chances d’y retrouver Bulle qui avait quitté les Gambier qques jours avant nous.

Nous avons mouillé au petit matin dans la baie d’Hanamoenoa au terme d’une navigation assez tranquille. Magnifique mouillage avec de l’eau claire et une grande plage de sable blanc bordée de cocotiers. Pas d’accés par la route donc peu de civilisation. Des raies mantas pas farouche du tout qui viennent nager de temps en temps autour du bateau. La houle, pas gênante au mouillage déferle sur la plage interdisant la plupart du temps le débarquement en annexe. On débarque en se mettant à l’eau avant les rouleaux, on rejoint la plage à la nage et l’un de nous va ensuite mouiller l’annexe un peu plus loin.

Il y avait là une demi-douzaine de bateaux dont Bulle et 2 autres qu’on avait déjà rencontrés aux Tuamotus : Planet Ocean (Stéphanie et Olivier qui font du charter sur leur Catana depuis plusieurs années avec leurs 2 fils Camille et Noé) et Calle 2 (une famille de Danois : Stina et Robert qui naviguent avec leurs 2 enfants Sebastian et Sonia). Donc plein de copains pour Elise et Jean. Il y avait aussi sur un cata américain (Goblin) une fille de 13 ans avec laquelle Julie a pu pratiquer son Anglais. Tout ce monde s’est retrouvé sur Bulle un après-midi pour fêter les 11 ans d’Anna puis sur la plage pour un jeu de piste sur le thème pirates qui cherchent un trésor.

Nous sommes aussi allés nous balader en annexe au village de Vaitahu à 2 milles plus au Sud. C’est là que l’Amiral Dupetit Thouars a pris possession des Marquises au nom de la France en 1838. Nous avons déjeuné au Snack chez Jimmy au bord de la plage. Nous y sommes retournés le lendemain avec les équipages des autres bateaux. Robert a négocié avec Jimmy une sortie en mer pour aller faire de la chasse sous-marine sur les 2 DCP (Dispositifs de Concentration de Poissons) au large du village. Les DCPs sont mouillés par 100 ou 150 m de fond et la flore et la faune sous-marine s’y développent attirant toutes sortes de poissons.

Nous voilà donc partis le lendemain, Robert, Sebastian, Jean et moi sur un bonitier (bateau de pêche à moteur d’une dizaine de mètres) avec 4 marquisiens. Robert est un passionné de pêche sous-marine depuis son enfance. Il a un énorme fusil sur lequel la flèche est connectée à un très long élastique (environ 20 m) puis à un bout et enfin à une bouée qui reste en surface. Avec ça, il chasse le thon, le thazard et autres grosses choses qu’on trouve au large. Le poisson emmène la flèche et la bouée et on le récupère en surface à partir du bateau. Notre chasse n’a pas été très fructueuse. Il n’y avait pas grand-chose sur le premier DCP (quand même un espadon qui a filé sans demander son reste avant que Robert n’ait eu le temps d’armer son fusil) et on n’a pas trouvé le 2eme qui était probablement coulé. Du coup on est allés à la pointe Sud de l’île ou Robert avait déjà eu du thon. Je me suis mis à l’eau avec lui pas très loin des rochers où la houle brisait furieusement. Je n’étais pas très rassuré. On est restés là une petite heure à faire des apnées dans des conditions pas terribles où on se faisait pas mal secouer et la visibilité était souvent mauvaise à cause des bulles d’air en suspension créées par les brisants. On n’a rien vu de très gros et on s’est fait récupérer par le bateau sans avoir rien attrapé. En revenant vers le bateau on a vu 2 requins-marteau qui nageaient quelques mètres en dessous de nous. Pendant ce temps-là, l’équipage du bateau pêchait à la ligne et ils avaient sortis quelques beaux poissons. On n’est donc pas rentrés complètement bredouilles.

Les bateaux copains ayant tous quitté Tahuata, nous avons repris notre route vers le Nord pour rejoindre l’île d’Hiva Oa toute proche, séparée de Tahuata par un passage de 2 milles de large appelé le Canal du Bordelais. Nous avons louvoyé là-dedans dans 15 à 20 nœuds jusqu’au village principal d’Hiva Oa : Atuona. Le mouillage n’est vraiment pas terrible, dans une baie peu ventilée où l’eau marron pue pas mal. Nous n’y sommes restés que 3 nuits, le temps de faire laver notre linge, de faire de l’avitaillement et de visiter les principales curiosités. Une première ballade au village nous a permis de découvrir le cimetière où sont enterrés Jacques Brel et Paul Gauguin. Brel est arrivé à Hiva Oa en bateau en 1975 et il y est resté jusqu’à sa mort en 78.

On nous avait recommandé un guide qui n’était malheureusement pas dispo avant plusieurs jours mais on a quand même eu la chance de trouver un 4×4 à louer pour une journée, ce qui nous a permis de traverser l’ile en admirant les magnifiques paysages jusqu’au site de Puamau où se trouve un ancien Marae (site religieux marquisien d’avant les colons) assez impressionnant. Sur le retour on a cherché en vain une cascade mentionnée sur notre guide mais c’était quand même assez marrant de se balader avec le 4×4 sur une piste parfois très escarpée au milieu de la forêt tropicale.

Le lendemain matin, nous sommes allés visiter le musée Gauguin et l’espace J. Brel. Le premier abrite une collection de reproductions des œuvres de l’artiste, le deuxième le bimoteur de Brel avec lequel il reliait les iles la plupart du temps pour aider les habitants. Tout autour du hangar on peut lire sur des panneaux, tout en écoutant ses chansons, ce qu’a été sa vie pendant son court séjour aux Marquises. Assez émouvant quand on aime Brel. Et on se souviendra que « Gémir n’est pas de mise aux Marquises ».

Encore 24h pour récupérer notre linge et profiter encore un peu de l’internet (le meilleur qu’on ait eu depuis Tahiti) au Sémaphore au-dessus du port et nous voilà repartis pour Ua Huka, l’île aux chevaux. Ua Huka est peuplée par environ 600 habitants, 1500 chevaux sauvages, descendants de quelques spécimens offerts au roi local par les colons, et quelques 3000 chèvres, sauvages elles aussi. Luc de Bulle nous avait prévenu que les mouillages étaient assez difficiles parce que quasiment toujours exposés à la houle. On a mouillé vers 6 h du matin dans la baie réputée la moins mauvaise mais même là, on se faisait pas mal secouer et les enfants avaient du mal à travailler. En plus, le vent soufflait en rafales du large et le bateau  se trouvait à peine à plus d’une longueur de l’endroit où la houle commençait à se transformer en déferlantes vers la plage.  Même si l’ancre était bien crochée dans du sable, ça n’était quand même pas très confortable et on a décidé à 11h de lever l’ancre et de poursuivre le voyage vers Nuku Hiva.

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